Comme pour l'IA, la valeur se répartit sur une chaîne à plusieurs couches et la position de la France y est, fait notable, bien meilleure que dans l'IA.
4.1Matériel et minage (le socle physique)
La preuve de travail repose sur des puces spécialisées (ASIC), un marché dominé par les fabricants chinois Bitmain et MicroBT. Le minage s'est industrialisé : sociétés cotées américaines (Marathon, Riot, CleanSpark), pools de minage (Foundry, AntPool). Depuis l'interdiction chinoise de 2021, les États-Unis concentrent la plus grande part du hashrate mondial. L'énergie est la matière première : les mineurs s'installent près des sources les moins chères (hydroélectricité, gaz torché, surplus nucléaire).
4.2Les protocoles (couches 1 et 2)
Le cœur de l'infrastructure : Bitcoin (réserve de valeur, ~1 300 Md$ de capitalisation), Ethereum (la plateforme des smart contracts, ~230 Md$), Solana (performance), et les couches 2 (Arbitrum, Base…). Position française : Tezos, blockchain d'origine française (développée notamment par Nomadic Labs), et Massa.
4.3Infrastructure et services techniques
Conservation institutionnelle (custody : Coinbase Custody, BitGo, Zodia), portefeuilles (Ledger, leader mondial du hardware, qui vise une introduction à la bourse de New York en 2026 sur une valorisation supérieure à 4 Md$), oracles (Chainlink), données et conformité (Chainalysis, TRM ; le français Kaiko), staking institutionnel (le français Kiln), tenue de marché (le français Flowdesk).
4.4Échanges et accès au marché
Les plateformes (Binance, Coinbase, Kraken) sont les péages de l'écosystème et captent une part majeure des revenus. S'y ajoutent désormais les rampes de paiement : Stripe a racheté la société de stablecoins Bridge pour ~1,1 Md$, Visa et Mastercard intègrent les règlements en stablecoins.
4.5Les émetteurs de stablecoins
Une couche devenue géopolitique. Tether (USDT) est l'une des entreprises les plus rentables du monde rapporté à ses effectifs (plus de 13 Md$ de bénéfices déclarés en 2024, placés largement en bons du Trésor américain). Circle (USDC) est cotée depuis 2025. En Europe : SG-FORGE (Société Générale) avec l'EURCV, et le consortium bancaire Qivalis (ING, UniCredit, CaixaBank…) pour un stablecoin euro conforme à MiCA.
4.6La finance traditionnelle entre en jeu
BlackRock (ETF IBIT ; fonds monétaire tokenisé BUIDL), Fidelity, Franklin Templeton : les plus grands gestionnaires d'actifs du monde sont devenus des acteurs directs de la tokenisation. Les entreprises constituent aussi des trésoreries en bitcoin (Strategy, ex-MicroStrategy, en détient plus de 600 000).
4.7La couche applicative
DeFi (Morpho, Aave, Uniswap), jeux et NFT (Sorare, The Sandbox), certification et identité, tokenisation d'actifs, conformité fiscale (le français Waltio). C'est, comme pour l'IA, la couche où naissent le plus d'opportunités entrepreneuriales.
Souveraineté : la position française
La France compte plus de 770 entreprises blockchain, deux licornes (Ledger, Morpho), un cadre réglementaire pionnier (PSAN dès 2019, fondu dans MiCA depuis 2024, agrément européen requis avant le 1ᵉʳ juillet 2026), une association professionnelle structurée (ADAN) et un événement mondial (Paris Blockchain Week). Contrairement à l'IA, où l'Europe court derrière, la blockchain est un domaine où l'écosystème français joue dans la cour des grands.
Sources
Global Legal Insights, France 2026 ; FXLeaders/FT sur l'IPO de Ledger (janv. 2026) ; Cointribune sur la levée de 175 M$ de Morpho (juin 2026, cointribune.com) ; Sumsub, MiCA: What Changes in 2026 (sumsub.com).
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